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Interview de la semaine

«Permettre un diagnostic plus précis!»

M. Rouèche, directeur général des hôpitaux Cadolles-PourtalèsAcquisition d’un appareil réalisant des images de qualité de l’intérieur du corps humain, déménagement d’une grande partie des locaux: le service de radiologie est en pleine mutation. Jean-Claude Rouèche, directeur général des hôpitaux Cadolles-Pourtalès, raconte ce défi d’envergure et la nécessité de maintenir à Neuchâtel une médecine performante. Rencontre.

Concrètement et simplement, qu’est-ce qu’une imagerie par résonance magnétique (IRM)?

Jean-Claude Rouèche: L’IRM est un système qui permet d’obtenir des images détaillées de l’intérieur du corps et des différents organes. Contrairement à la radiologie conventionnelle qui fait appel à des rayons X – par exemple le scanner –, l’IRM utilise un champ magnétique puissant auquel est soumis le patient, une technique non irradiante!

«L’IRM est une technique non irradiante puisqu’elle n’utilise pas de rayons X»

Quels sont les avantages de cet appareil?

J-C.R.: Premièrement, l’IRM fournit des images de meilleure qualité que celles livrées par le scanner lors de l’exploration du système nerveux central et de l’appareil locomoteur, des affections gynécologiques ainsi que dans certaines investigations de l’abdomen et du bassin.

Dans un deuxième temps, l’IRM est une technique non irradiante puisqu’elle n’utilise pas de rayons-X. Elle est sûre pour l’organisme et n’entraîne aucun effet secondaire. La seule contre-indication concerne les patients qui ont certaines parties métalliques dans le corps.

Finalement, les produits de contrastes utilisés lors d’une IRM – c’est-à-dire les substances injectées dans le corps avant ou pendant l’examen, afin de mettre en évidence certains organes – sont quasi sans danger.

Et ses inconvénients?

J-C.R.: Comme le scanner, l’IRM est chère! Il s’agit d’un investissement considérable pour les hôpitaux de la Ville, qui s’élève à 1,65 million de francs.

Mais cette dépense est indispensable! Le canton de Neuchâtel dispose actuellement de 2 appareils IRM – tous deux installés en milieu privé – ce qui représente 1,2 appareil pour 100'000 habitants, soit une proportion inférieure à la moyenne nationale! Avec l’acquisition de cet appareil, Neuchâtel se situera parfaitement dans la moyenne et aura ainsi une installation en milieu public!

En l’absence d’IRM, l’équipe de radiologie éprouve-t-elle un sentiment de frustration?

J-C.R.: Tout à fait! L’absence de cette technologie moderne est ressentie de manière très négative par les radiologues, qui ont l’impression de ne pas bénéficier des outils adéquats pour le diagnostic et d’exercer une médecine de seconde zone! Au cours des dernières années, nous avons assisté au départ de plusieurs radiologues pour cette raison. L’absence d’IRM pèse également sur le recrutement de spécialistes!

Quelles nouvelles possibilités s’offrent aux médecins avec l’acquisition de cette technologie?

J-C.R.: Les investigations seront plus détaillées et les images de meilleure qualité! Ce qui signifie un diagnostic encore plus précis et plus rapide. Si le scanner est excellent pour l’exploration de structures telles que les os, les poumons et l’intestin, l’IRM est indispensable à l’examen des structures telles que certains tissus et organes, par exemple cerveau, moelle épinière, articulations. Il faut rappeler que les deux techniques sont complémentaires et que l’une n’évince pas l’autre!

D’anciens appareils réutilisables seront acheminés au Laos et au Cameroun.

De grandes nouveautés pour la radiologie, d’autant plus que le service est en plein déménagement!

J-C.R.: C’est exact. Le déménagement du service de radiologie de l’ancien hôpital Pourtalès au nouveau (NHP) est en cours et sera terminé à la fin du mois de janvier.

De plus, en raison du transfert des nouvelles technologies, d’anciens appareils réutilisables et conformes aux normes seront mis à disposition de deux associations caritatives, l’une oeuvrant pour le Laos, l’autre pour le Cameroun. S’il n’est plus d’utilité chez nous, ce matériel reste performant par rapport aux technologies utilisées dans ces pays.

Quelles difficultés rencontre-t-on lors d’un «transvasement» de telle envergure?

J-C.R.: Hormis des difficultés d’accès dues à l’ampleur des chantiers, notre déménagement se déroule globalement correctement. La principale complexité est de parvenir à coordonner la construction du nouveau bâtiment, le déménagement des nombreux services et le fonctionnement habituel de l’hôpital, y-compris l’accueil des urgences! C’est un sacré défi et une expérience extrêmement stimulante grâce à un travail d’équipe!

Les avantages des nouveaux locaux?

J-C.R.: Aujourd’hui, les patients doivent parfois effectuer un va-et-vient coûteux entre les hôpitaux de Pourtalès et des Cadolles, voir des transferts à destination de centres hospitaliers extérieurs. Avec l’arrivée de l’IRM dans les nouveaux locaux du NHP, toute l’imagerie médicale – de même que les urgences - seront concentrées sur un seul et même étage! En 2005, les patients auront affaire à un service centralisé, performant, efficace et convivial.

Comment envisagez-vous l’avenir du service de radiologie?

J-C.R.: De manière sereine! Jusqu’en 2005, deux équipes de radiologie complémentaires continueront de fonctionner: la première dans les nouveaux locaux du NHP, la seconde aux Cadolles. A partir du 05.05.05 à 05h05 «pm» – date et heure de l’inauguration officielle du Nouvel Hôpital Pourtalès –, la fermeture des Cadolles sera prononcée et toute son activité de radiologie sera centralisée sur le nouveau site! (vg)

Légende photo: Jean-Claude Rouèche: «L’acceptation de l’IRM est ressentie de manière très positive.»