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HEBDOMADAIRE OFFICIEL D'INFORMATION
Le Conseil général décortique les comptes de la Ville pour 2005 avant de les accepter Réduction progressive des charges pendant 4 ans ![]() A l’exception de l’UDC, tous les groupes représentés au Conseil général ont finalement voté les comptes lundi soir à l’issue de trois heures de débats. La droite libérale et radicale préconise l’introduction dès 2007 d’un frein à l’augmentation des charges. La discussion aura souvent tourné à la bataille de chiffres. Marc-André Bugnon, pour l’UDC, a déclaré que son groupe n’accepterait pas des comptes qui présentent un déficit de 30,72 % supérieur à celui du budget. La directrice des finances a rétorqué qu’il n’était guère possible au moment de l’établissement du budget d’anticiper les effets de réformes cantonales encore à venir. Le désenchevêtrement par exemple a coûté 3,5 millions de francs à la Ville. Et Françoise Jeanneret de préciser que le déficit se monte finalement à 1,57% des charges. Douze communes du Littoral présentent un déficit proportionnellement plus important et la Ville est dans la norme par rapport à l’Etat qui, en vertu du frein aux dépenses, ne peut s’autoriser un déficit supérieur à 2% des charges figurant au budget. Reprise économique Refusant de céder au catastrophisme, la directrice des finances a rappelé que le budget 2006 était équilibré et que les recettes fiscales de la Ville dépendaient pour beaucoup de la bonne santé des entreprises. Or, la reprise économique se confirmant, la situation devrait s’améliorer. Choisir dans les prestations Amélie Blohm Gueissaz, pour le groupe libéral, n’est pas de cet avis, qui parle d’un déficit «catastrophique» qu’aucun ménage, ni aucune entreprise ne s’autoriserait ! Il s’agit maintenant de choisir les prestations que nous voulons conserver. Les libéraux veulent à l’avenir des comptes équilibrés et une reconstitution progressive de la fortune. Majorité des deux tiers Le groupe libéral qui avait appuyé le référendum contre la hausse du coefficient fiscal soutient aujourd’hui la proposition radicale d’arrêté déposée lundi par Blaise Péquignot. Cet arrêté, s’il était voté par le Conseil général qui en débattra lors d’une prochaine séance, obligerait le Conseil communal à réduire les charges de fonctionnement de 3% par an dès 2007 et jusqu’en 2010 par le biais de mesures structurelles et de redéfinitions des missions des services. Les trois quarts de ces économies devraient être affectés à la reconstitution de la fortune. Les radicaux préconisent même l’introduction d’une sorte de frein aux dépenses communales en exigeant que dès 2011 toute augmentation des charges supérieure à 3% par rapport à l’exercice précédent soit adoptée à la majorité des deux tiers du Conseil général ! Sur quoi économiser ? A gauche, Blaise Horisberger, pour PopVertsSol, dresse un constat désabusé. La situation financière de la Ville est mauvaise, le déficit important et la fortune réduite à sa portion congrue. Le secteur privé se décharge de ses responsabilités et réclame des baisses d’impôts. La Ville se doit d’assumer la formation des jeunes et des moins jeunes, de garantir des moyens de subsistance aux sans emploi et aux travailleurs pauvres, de créer et d’entretenir les infrastructures…et cela avec des moyens financiers que la population a refusé d'augmenter ! Dès lors comment et sur quoi économiser ? Mesures énergiques La socialiste Patricia de Pury a rappelé l’étroitesse de la marge de manœuvre du Conseil communal qui doit assumer nombre de charges sur lesquelles il n’a pas prise. Les recettes fiscales ont baissé de 10 millions depuis 2002 en raison d’effets secondaires induits par le désenchevêtrement, de l’allégement de la fiscalité des personnes physiques et du recul du produit de l’impôt des personnes morales. Neuchâtel abrite une population fragilisée constituée de beaucoup de retraités, de chômeurs et de familles monoparentales dont les besoins en prestations sont importants et la capacité contributive faible… La part de la Ville à l’aide sociale a augmenté de 35% en 2005. Le Conseil communal n’a aucune prise sur ce type de dépenses. Et sans les nombreuses mesures énergiques qu’il a introduites, le déficit aurait été bien plus conséquent. Jeunes à l’aide sociale L’examen des comptes a permis aux élus d’interpeller le Conseil communal sur des sujets divers. Ainsi, on a appris qu’une personne qui se retrouve avec moins que le minimum vital parce qu’elle doit tout à coup payer des primes d’assurance maladie suite à une révision à la baisse des normes donnant droit à une aide de l’Etat ne peut pas bénéficier de l’aide sociale. Par ailleurs, 37,5% des personnes touchant l’aide sociale dans le canton sont des jeunes âgés de 18 à 29 ans. Quant aux difficultés de circulation à l’Espace de l’Europe, elles sont dues à l’ouverture d’un magasin Coop dans des locaux loués par les CFF. L’arrivée de ce magasin n’était pas connue au moment du réaménagement de la gare et des discussions devront avoir lieu avec les CFF pour résoudre la question du stationnement des clients. Légende photo: Le Conseil général a voté le crédit nécessaire aux aménagements extérieurs du complexe de la Maladière. |