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Ateliers Phénix «L’essentiel, c’est de s’occuper» ![]() Bénéficiaire de l’aide sociale, Arnaud S.*, 56 ans, travaille depuis 5 ans aux Ateliers Phénix. De la récupération du papier au débarras d’appartement en passant par le démontage de vélos, il s’investit dans les différentes activités de l’association. Ce travail lui permet de sortir de chez lui et de «faire quelque chose de ses journées». Depuis combien de temps travaillez-vous aux Ateliers Phénix ? A.S. : Je travaille ici depuis 5 ans. Comme je suis aux services sociaux et que je ne suis pas du genre à passer mes journées à ne rien faire devant la télévision, je viens travailler ici tous les lundis, mardis et vendredis. Le reste du temps, je suis souvent chez mon oncle, où je m’occupe de ses pigeons et de son jardin. L’essentiel c’est de s’occuper, mais je sais qu’il y en a beaucoup qui préfèrent rester au chômage ou être assisté sans rien faire. Que faisiez-vous avant de travailler ici? A.S . : A la base, j’ai une formation de radio-électricien, mais qui est complètement dépassée aujourd’hui, puisque j’ai appris mon métier à une époque où les transistors venaient de faire leur apparition. Puis j’ai travaillé comme infirmier à l’hôpital psychiatrique de Préfargier. J’ai même commencé une formation d’ergothérapeute avant d’être licencié en raison d’une restructuration. J’ai ensuite été au chômage. Durant cette période, j’ai travaillé six mois comme aide-concierge au Gymnase, puis à l’Université. J’aurais bien aimé rester, ça me plaisait de faire les tableaux, de nettoyer les corridors et les classes. Malheureusement, ça n’a pas été possible. Ensuite, j’ai été placé par le chômage au Jardin botanique pour refaire des chemins et pour balayer les feuilles. Arrivant en fin de droit, je me suis retrouvé à l’assistance sociale.
Quel est votre travail au sein des Ateliers ? A.S. Quand je suis arrivé ici, je m’occupais de la tournée de récupération du papier et du verre dans les entreprises et chez les particuliers. J’étais chauffeur, je conduisais la camionnette, ce qui ne signifie pas que je me tournais les pouces: quand mes collègues allaient chercher les paquets de papier, je les aidais. On en a soulevé des tonnes ! Et on en a grimpé des étages ! Il y a six mois, on m’a demandé de venir donner un coup de main au démontage des vélos, tellement il y en avait. J’en démonte cinq ou six par jour. Certaines pièces pouvant être réutilisées sont récupérées, mais on ne peut pas tout garder, naturellement. La plupart des vélos que nous recevons n’ont plus grand chose de valable à recycler. Mais de temps en temps, nous recevons des vélos en meilleur état que nous retapons et revendons. Et maintenant, cela fait quelques semaines que je m’occupe de la démolition de meubles. Je démonte par exemple des divans et je trie leurs différents composants: mousses, agrafes, tissus, bois. Souvent les meubles sont difficiles à démonter, alors on peste… On trie les différentes matières dans nos ateliers, puis on les amène à la déchetterie de Plaines-Roches. Quelles sont vos attentes concernant votre passage aux Ateliers Phénix ? A.S. : Pour moi, il s’agit juste d’une occupation pour ne pas être à la maison. Ici, je fais toutes sortes de travaux, ça me passe le temps, puis voilà.
Est-ce que vous pensez que votre occupation ici vous permettra de retrouver du travail ? A.S. : A 56 ans, je ne crois pas… Si je trouve une fois quelque chose, je veux bien y aller. Vous savez, quand je vois une annonce qui m’intéresse, j’envoie une lettre ou je téléphone, mais quand on me demande mon âge, on me dit en général qu’on me rappellera, ce qui n’arrive évidemment jamais. En plus, il n’y a pas beaucoup d’annonces intéressantes dans les journaux. Par ailleurs, il n’est pas facile de trouver un emploi quand on n’a pas de voiture, aller travailler à Cortaillod, par exemple, en transports publics, quand on habite en ville, c’est très compliqué. Depuis que je suis aux services sociaux, j’ai dû liquider la voiture et la moto. Avez-vous choisi de venir travailler aux Ateliers Phénix ou avez-vous été placé ? J’avais entendu parler des Ateliers et j’ai demandé à venir ici. Je ne voulais pas rester à la maison à me croiser les doigts. Ici, le boulot est varié et on est une bonne équipe, ce qui est très important suivant les tâches que l’on a à faire. Quelle est votre vision de l’emploi idéal ? A.S. : Je suis prêt à prendre tout ce que je trouve, mais bon, tant que je ne trouve rien, je reste ici, aux Ateliers Phénix. Comme je vous l’ai dit avant, si vous n’avez pas de voiture, vous êtes coincé pour trouver du boulot. Quels sont les avantages et/ou les inconvénients d’un travail aux Ateliers Phénix ? A.S. : Ce qui est bien, c’est qu’on a toujours du boulot. L’inconvénient, c’est que c’est parfois mal organisé. Mais comme je ne suis pas au bureau, je ne sais pas, c’est peut-être difficile d’organiser le travail: il y a parfois trois débarras d’appartements à faire en un jour. C’est peut-être plus de la faute des gens qui appellent. Christophe Kaempf * nom fictif
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