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Journée nationale des filles: énorme succès

«Des métiers aussi pour nous!»

Un secouriste enseignant à un groupe de jeunes fillesUne jeune fille qui s’improvise centraliste au Service d’incendie et de secours de Neuchâtel! Image insolite… Pourtant, c’est ce qu’on pouvait voir jeudi dernier à l’occasion de la Journée des filles, qui s’est déroulée dans toute la Suisse et a permis à près de 1400 Neuchâteloises d’accompagner l’un de leurs parents au travail. Objectif: montrer aux adolescentes la diversité des métiers qui existent!

«Trois femmes sur cinq font un apprentissage de bureau ou dans le domaine de la vente», explique Françoise Jeanneret, conseillère communale et directrice de l’Office du personnel. «Or, il existe bien d’autres domaines à explorer…» Afin de permettre aux jeunes filles de découvrir des professions peu ou pas exercées par des femmes et de choisir parmi un éventail plus large de métiers, la Conférence suisse des déléguées à l’égalité a mis sur pied en 2001 la «Journée des filles», manifestation nationale cofinancée cette année par le Bureau fédéral de l’égalité. Près de 20'000 adolescentes de 10 à 15 ans y ont participé, dans toute la Suisse! Jeudi dernier, elles ont donc accompagné leurs père, mère ou proche au travail, se sont plongées dans un univers professionnel nouveau et ont même pu effectuer certaines tâches si elles le désiraient.

«Un problème éducatif»

«Les garçons peuvent choisir parmi une large gamme de métiers existants, alors que les filles doivent se contenter d’un éventail limité», explique Frédéric Mühlheim, commandant du Service d’incendie et de secours (SIS), accompagné pour l’occasion de sa fille Mélanie. «J’espère que ma fille aura le choix de pratiquer le métier qu’elle désire, qu’il s’agisse de pilote de chasse ou de sapeur-pompier! De plus, j’attends de cette journée qu’elle ouvre le dialogue, à l’échelon de la société, quant aux perspectives professionnelles des jeunes filles. C’est un problème éducatif: dans certaines familles, l’ambition n’a pas été nourrie!»

Dans la caserne du SIS, quatre jeunes visiteuses explorent, curieuses et fascinées, le mystérieux univers professionnel de leurs papas. «Notre objectif n’est pas de leur concocter un programme divertissant, mais bien de leur montrer notre vrai boulot!», explique Christophe Läderach, instructeur sanitaire. Pourtant, par mesure de sécurité, les filles ne participeront pas aux interventions délicates.

«Je serai ‘sauveteuse’!»

«Les métiers de pompier ou de docteur sont aussi pour nous!», explique Mélanie qui, du haut de ses 12 ans, souhaite devenir chirurgienne. Mylène, tout juste 10 ans, s’exclame que plus tard, elle sera «‘sauveteuse’ en montagne pour aller chercher les gens dans les crevasses»! Sa sœur Christelle, âgée de 12 ans, estime que les hommes sont capables d’exercer davantage de métiers que les femmes: «Les sapeurs-pompiers doivent avoir beaucoup de force pour soulever les blessés! De plus, la plupart des femmes sont trop sensibles pour travailler au SIS.» Quant à Sarah, elle ne peut pas s’imaginer exercer un jour un «métier d’hommes»: «J’aimerais être caissière, coiffeuse ou maîtresse d’école», déclare la jeune fille de 11 ans, les yeux rivés sur les écrans de la centrale d’interventions, attentive à la moindre alerte.

Si les filles réussissent bien à l’école, elles ne mettent pas toujours en œuvre ce succès. Beaucoup d’adolescentes doivent encore s’habituer à l’idée de rester professionnellement actives leur vie durant. Pour les quatre filles de la caserne, cette perspective ne semble pas les déranger: «Si on aime notre travail, on ne va pas s’arrêter, même s’il faut fonder une famille!», témoigne Christelle, largement approuvée.

Dévoiler le quotidien

Jeunes filles découvrant la taxidermieLors de cette troisième journée nationale, 70% des participantes ont accompagné leur père au travail, 20% y sont allées avec leur mère et 10% avec un autre membre de la famille. Ce jeudi-là, quatre autres adolescentes participaient à la manifestation, à deux pas de là. Dans l’atelier du taxidermiste du Muséum d’histoire naturelle, Nathalie et Marie, âgées de 12 et 14 ans et habitantes de Neuchâtel, se sont familiarisées avec les secrets de la préparation d’une mouche destinée à être conservée. «C’est fantastique de pouvoir dévoiler à son enfant ce que l’on fait au quotidien; même si dans l’absolu, ce genre de visites devraient être naturelles et ne pas nécessiter de journée spéciale», témoigne Blaise Mulhauser, conservateur du département vertébrés du Muséum.

«Aujourd’hui, je pense que les femmes ne sont plus défavorisées», explique sa fille Marie, 12 ans, tout heureuse de découvrir le travail de son père et de se faufiler dans les rayons de la salle des mammifères, à la recherche du loup de Tasmanie. Quant à Mohana, la filleule du conservateur (11 ans), elle estime que «les métiers de bûcheron et de maçon ne seront jamais faits pour les femmes»! (vg)

Photo 1: Christophe Läderach enseigne les gestes qui sauvent à Mélanie, Christelle, Mylène et Sarah (de gauche à droite).

Photo 2: De gauche à droite, Marie, Marie, Mohana et Nathalie dans l’atelier du taxidermiste.