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Interview Energie: halte au gaspillage ![]() Christian Trachsel, délégué communal à l’énergie nous explique comment l’administration de la Ville traque le gaspillage d’énergie au sein de ses murs. Il nous livre également quelques trucs pour économiser sur notre facture d’électricité. Quel est votre rôle en tant que délégué communal à l’énergie ? Je travaille, d’une part, pour la police des constructions où je suis chargé de veiller au respect des normes en matière d’énergie à chaque fois qu’une demande de permis de construire est déposée. L’autre partie de mon travail consiste à gérer les aspects de la consommation d’énergie au sein des bâtiments de l’administration communale. Grâce aux efforts réalisés en la matière, la Ville a obtenu, en 1995, le label «Cité de l’énergie» de la part de la Confédération. Ce prix récompense les administrations qui se préoccupent de leur consommation d’énergie, que ce soit au niveau de l’électricité, de la mobilité ou encore du chauffage. Neuchâtel est en tête du classement des «cités de l’énergie», juste après Lausanne. Vous traquez le gaspillage d’énergie au sein de l’administration. Quelles mesures concrètes avez-vous préconisées ? Nous avons réalisé, en collaboration avec des étudiants de l’EPFZ, un projet pilote dans un de nos bâtiments afin de lutter contre le gaspillage d’énergie. Chaque matin, des directives étaient données aux employés afin qu’ils adoptent un comportement économe: éteindre leur ordinateur ou les lampes quand ils sortaient d’une pièce, par exemple. Par ailleurs, des réducteurs de débit ont été installés sur les robinets, la consommation du chauffage a été surveillée, etc. On a ainsi réalisé des économies d’énergie de l’ordre de 10%, simplement en informant nos collaborateurs des gestes simples à faire au quotidien. Nous avons maintenant l’intention d’élargir cette information à l’ensemble des employés de l’administration communale. Notre objectif, c’est que dans une année, tous les services de la Ville en aient bénéficié. Dans le cadre de «Cité de l’énergie», nous avons l’intention de diminuer par trois, d’ici 2010, notre consommation d’énergie, afin d’atteindre la moyenne de la consommation mondiale.
Que peut faire le citoyen lambda pour diminuer sa consommation d’énergie ? Il peut, en éteignant la lumière en sortant d’une pièce ou en arrêtant complètement les appareils électriques restés en veille, diminuer sa consommation d’électricité de 10 à 15%. Vous savez, certaines télévisions ou certaines chaînes hi-fi consomment autant en stand-by qu’allumées. On peut également diminuer sa consommation de mazout en réglant son chauffage. Un degré en moins dans un appartement signifie une économie d’énergie de 7% environ. Mais les enjeux énergétiques ne dépendent pas seulement des consommateurs finaux. Ils dépendent aussi des décideurs politiques et des propriétaires d’immeubles: s’il est facile pour les gens de réaliser des économies d’énergie, il est souvent impossible d’agir dans le domaine du chauffage. La consommation de ce dernier dépend, en effet, de la qualité du bâtiment et de la chaufferie. La Ville joue un rôle d’exemple en matière de bâtiments consommant peu d’énergie. Elle a récemment inauguré le collège de la Maladière, qui consomme 10 fois moins qu’un bâtiment des années 1970. Peut-on économiser de l’énergie sans renoncer à son confort ? Oui, j’en suis absolument convaincu. On peut économiser 20 à 30% d’énergie en modifiant quelque peu nos habitudes, sans que cela n’affecte notre qualité de vie. En utilisant des ampoules de faible consommation, vous pouvez, par exemple, vous éclairer en utilisant 5 fois moins d’électricité. Où se situe la ville de Neuchâtel en terme de consommation d’électricité ou d’énergie fossile par rapport à la moyenne suisse ? Les chiffres de la consommation d’électricité en ville sont assez surprenants. Alors que la consommation moyenne est de 5’500 kWh par personne, elle est de 5'200 kWh pour le canton et seulement de 2'800 kWh pour Neuchâtel. A mon avis, ces différences s’expliquent notamment par la faible proportion de chauffages électriques et la petite taille de ménages en ville. Concernant la consommation d’énergie fossile, il n’existe malheureusement pas de chiffres au niveau de la commune.
Comment cette consommation évolue-t-elle ? Au niveau de l’électricité, on retrouve la même évolution que pour le reste de la Suisse, à savoir une augmentation de 2% par année. La tendance n’est pas prête de s’inverser et je dois dire que c’est assez inquiétant. Au sein de l’administration de la Ville, nous avons réussi à stabiliser notre consommation d’électricité depuis 1990. L’énergie trop bon marché n’incite-t-elle pas au gaspillage ? Oui, je pense. Même si son prix a doublé récemment, un litre de mazout coût encore moins cher qu’un litre d’eau ! C’est également un des arguments des détracteurs de la taxe sur les émissions de CO2, qui disent que malgré l’augmentation du prix de l’essence, les gens n’ont pas réduit leur mobilité. Il faudrait que l’énergie soit beaucoup plus chère pour que les gens réfléchissent à leur consommation. Quelle est la part des différentes énergies (fossile, nucléaire, hydroélectrique, énergie verte) dans la consommation des habitants de la Ville ? En ce qui concerne l’électricité, les Services industriels de la ville distribuent chaque année 200 millions de kWh, dont 16% sont de l’énergie propre qui vient des usines de l’Areuse. La Ville a l’intention d’augmenter sa propre production d’énergie renouvelable, notamment grâce à l’installation d’éoliennes à Chaumont, de cellules photovoltaïques sur le toit de la Maladière ou d’une mico-turbine dans le Seyon. Ces installations fourniraient 20% de l’électricité consommée sur le territoire communal. Les 80% restant seraient constitués d’énergie hydroélectrique (60%) et de nucléaire (40%). En ce qui concerne les énergies fossiles, il est très difficile de faire des estimations sur la consommation d’essence au niveau de la ville, c’est pourquoi je ne peux pas vous fournir de chiffres. Néanmoins, je sais que la consommation de gaz naturel est très supérieure à la moyenne cantonale et nationale, ce qui est positif, car l’utilisation du gaz génère moins de rejets de CO2 que le mazout. Christophe Kaempf Légende photo: «Il faudrait que l’énergie soit beaucoup plus chère pour que les gens réfléchissent à leur consommation.»
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