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Etablissement hospitalier multisite Plus de synergies=économies ![]() Le regroupement de sept hôpitaux du canton au sein de l’Etablissement hospitalier multisite (EHM) va permettre de rationaliser le système cantonal des soins. Une meilleure collaboration ainsi que le partage de ressources entre les établissements devraient contribuer à la diminution des coûts de la santé dans le canton, actuellement parmi les plus élevés de Suisse romande. Le point sur cette nouvelle structure avec Jean-Pierre Authier, président du Conseil d’administration de l’EHM. Quel est le rôle du conseil d’administration de l’EHM ? Les compétences du Conseil d’administration de l’EHM sont régies par la loi sur l’Etablissement hospitalier multisite. Le Conseil d’administration est l’organe faîtier de l’EHM et doit veiller à son bon fonctionnement. Il entretient également d’étroites relations avec le Conseil d’Etat, dans la mesure où celui-ci exerce la haute surveillance de l’EHM et en détermine les missions. Le Conseil d’administration est composé de sept membres, recrutés en fonction de leurs compétences dans le domaine de la santé et non en fonction de considérations de représentation politique. En résumé, on peut dire que ce Conseil joue un rôle analogue à celui d’un Conseil d’administration dans l’économie privée. Peut-on parler de «cantonalisation» des hôpitaux dans le cadre de l’EHM ? Il s’agit d’un établissement de droit public cantonal, en effet, mais qui est indépendant de l’Etat et doté de la personnalité juridique. Ce statut peut être comparé avec celui de la Banque cantonale.
Qu’est-ce qui justifie la création d’une telle structure? Le fonctionnement d’un hôpital ne répond pas aux mêmes règles que les services de l’Etat. Il fallait donc mettre sur pied une structure qui lui permette de s’adapter plus rapidement aux nombreuses fluctuations qui interviennent dans le monde de la santé, tant sur le plan de l’offre de prestations que sur celui des relations avec les organismes payeurs, tels que les caisses maladie. La problématique de la gestion hospitalière sera abordée de manière «entrepreneuriale», ce qui n’était pas toujours possible dans le mode de fonctionnement précédent. Cependant, il est important de préciser que le Conseil d’Etat garde le pouvoir de décision pour définir les grandes orientations stratégiques: en particulier en cas de modification de la planification hospitalière. Et c’est le Grand Conseil qui devrait se prononcer sur l’éventuelle fermeture d’un site. Quels sont les objectifs de l’EHM à court, moyen et long termes ? A court terme, il va falloir créer un outil permettant de gérer les sept directions des établissements de l’EHM. On va mettre en place une direction générale qui comprendra, outre le directeur général lui-même, des postes de direction dans les domaines médicaux, des soins infirmiers, des ressources humaines, des finances et de la logistique. Je tiens à préciser que cette nouvelle entité ne constitue pas un organe décisionnel supplémentaire ayant pour effet d’ajouter un échelon à la hiérarchie actuelle: l’ensemble des fonctions dirigeantes des sept hôpitaux fera l’objet d’une réorganisation. Nous n’allons pas simplement rajouter une couche ! A moyen et à long terme, notre objectif est d’établir un diagnostic des prestations et de l’organisation des hôpitaux dans le canton. Il s’agit d’étudier les possibilités d’amélioration, de rationalisation et d’économies, tout en maintenant une qualité de soins suffisante qui corresponde aux critères actuellement en vigueur dans notre pays. Certaines prestations doivent rester des prestations de proximité, fournies dans l’ensemble des hôpitaux de l’EHM, alors que d’autres peuvent et devront être regroupées. Ces réflexions ne concernent évidemment pas que les soins médicaux: il y a certainement aussi avantage à regrouper certaines fonctions dans les domaines administratif, logistique ou infirmier. Quels changements cette nouvelle organisation induit-elle pour les usagers? A l’avenir, il s’agit d’offrir des prestations de meilleure qualité encore que celles proposées aujourd’hui. Le regroupement de certains services permettra d’atteindre une masse critique de patients à même d’attirer les meilleurs médecins. Certains soins spécialisés ne seront fournis que dans les plus grands hôpitaux, comme cela se pratique déjà dans certains domaines. Cela aura pour conséquence globale plus de déplacements pour certains patients, mais une meilleure utilisation des ressources humaines et techniques à disposition.
L’EHM va-t-il permettre de réduire les coûts de la santé dans le canton ? A terme, certainement et, pour le moins et dans un premier temps, de les stabiliser. Près des trois quarts des coûts de fonctionnement des hôpitaux sont constitués par les frais du personnel. Il est donc évident que des économies significatives ne peuvent pas être obtenues sans conséquences sur l’effectif des collaborateurs oeuvrant dans le monde hospitalier. A ce sujet, il convient de garder à l’esprit que le Conseil d’Etat a fixé des objectifs ambitieux de diminution des frais hospitaliers dans son programme de législature. Est-ce que le personnel soignant pourrait être amené à travailler sur plusieurs sites de l’EHM ? Non pas d’une manière généralisée ou systématique, mais nous étudions la possibilité de constituer une équipe de personnel soignant mobile qui pourra être engagée selon les besoins dans différents hôpitaux afin de répondre par exemple à des surcharges temporaires d’activité; cela dans le but d’éviter de devoir engager du personnel supplémentaire. Est-ce que le regroupement des hôpitaux du canton au sein de l’EHM va permettre, grâce aux économies qui devraient être réalisées, de diminuer les primes d’assurances-maladie ? Obtenir une diminution des primes me semble peu probable, mais freiner leur hausse et ramener ces primes dans la moyenne helvétique, certainement. Il faut cependant savoir que les hôpitaux constituent moins de la moitié des primes d’assurance, le reste relevant de la médecine ambulatoire et des cabinets privés médicaux et para-médicaux. Neuchâtel est, après Genève, le canton de Suisse romande où la santé coûte le plus cher. Il faut absolument que nous puissions rejoindre la moyenne suisse des coûts de la santé. Mais il s’agit d’atteindre cet objectif sans diminution significative de la qualité des prestations et par des mesures structurelles réfléchies. Christophe Kaempf Légende photo: Jean-Pierre Authier, ancien conseiller communal de la Ville en charge des hôpitaux et actuel président du Conseil d’administration de l’Etablissement Hospitalier Multisite. |