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Exposition de photographies à l’Espace culturel de la Tour de l’OFS

L’Art nouveau vu par un photographe

Le photographe met en valeur l'Art nouveau avec des boîtes de montres, des vitraux...

Depuis octobre et jusqu’en septembre 2006, La Chaux-de-Fonds met en valeur son patrimoine «Art nouveau». Plusieurs manifestations sont prévues dans ce cadre dont l’une s’ouvre à l’Espace culturel de la Tour de l’OFS. Le photographe Gérard Benoit à la Guillaume a braqué son objectif sur des détails de cet Art nouveau de style «sapin». Surprenant !

Le Crématoire, le kiosque à musique du parc des Crêtets, le monument de la République: autant de monuments qui, avec des boîtes de montres, des vitraux, du carrelage, des ferronneries, des vases, compose ce riche patrimoine «Art nouveau» de La Chaux-de-Fonds. Le photographe français Gérard Benoit à la Guillaume a jeté un regard différent sur ces objets et constructions de style sapin. Résultat: une quarantaine de clichés qui donnent envie de se balader à La Chaux-de-Fonds.

Un peu d’histoire

En 1900, l’Art nouveau avait conquis les esprits. Cette forme d’art était devenue l’expression d’un goût spécifique. Le phénomène donna naissance à une mode internationale dont la ligne dite «en coup de fouet» fut certainement l’expression la plus populaire. C’est sous cette forme que l’Art nouveau fut importé à La Chaux-de-Fonds au début du 20ème siècle à l’initiative des patrons horlogers et de leurs représentants de commerce. La métropole horlogère réserva très vite une place de choix à cet art à la mode dans toutes les capitales d’Europe. Vitraux, carrelages, ornementations de cages d’escaliers, stucs, menuiseries et ferronneries envahirent ainsi les nouvelles constructions.

Le Cours supérieur

Une véritable école se développa à La Chaux-de-Fonds à l’initiative de Charles L’Eplattenier (1874-1946), artiste sensible aux préceptes de l’Art nouveau et pédagogue enthousiaste. Ouvert en octobre 1905, son Cours supérieur d’art et de décoration incite certains élèves de l’Ecole d’art – dont Charles-Edouard Jeanneret qui deviendra Le Corbusier – à étudier la nature. L’idée de s’inspirer de la nature conduit le jeune professeur et ses élèves à l’étude de la flore et de la faune régionales. Ensemble, ils parviennent à de remarquables résultats dans la réalisation de décorations issues de commandes publiques ou privées.

Le style «sapin»

Ces artistes créent des objets variés. Ils s’attaquent même à l’architecture avec, par exemple, le projet de la villa Fallet en 1906 auquel Charles-Edouard Jeanneret a participé. De tous ces exercices, le Crématoire réalisé en 1910 est sans doute le plus complet. Les élèves de l’Ecole d’art ont ainsi développé sous l’influence de Charles L’Eplattenier une forme d’art décoratif appelé «sapin». Le style « sapin » résume à lui seul l’inspiration qui nourrit ces jeunes artistes ayant cherché le mouvement dans le rythme poétique de l’horizon jurassien parsemé de sapins.

Légende photo: Le photographe Gérard Benoit à la Guillaume jette un regard différent sur l’Art nouveau de style sapin de La Chaux-de-Fonds.