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Sécurité publique Police 2006: coopération avec le Canton ![]() Lancé en 2003, «Police 2006» a pour principal objectif une meilleure répartition des missions et une interopérabilité entre les polices locale et cantonale. Ce projet de collaboration entre forces de l’ordre permettra également d’offrir un service optimal aux usagers. Explications d’Antoine Grandjean, conseiller communal et directeur de la police. Où en est actuellement le projet «Police 2006», qui a pour but une meilleure collaboration entre les polices de la Ville et du Canton ? Antoine Grandjean: Aujourd’hui, le concept général a été validé par les différents partenaires. Le travail porte actuellement sur les thèmes suivants : la rédaction du support légal et la mise en place de mesures transitoires pour aboutir au concept tel que nous l’avons défini. Au niveau de la police de la Ville, cela se traduit par la formation de l’ensemble de nos collaborateurs aux nouvelles tâches qui leur seront assignées. Il s’agit d’adapter nos procédures afin de travailler de manière identique dans tous les corps de police. A terme, les policiers de la Ville auront les mêmes tâches et les mêmes compétences qu’un gendarme. Cela signifie-t-il que les policiers de la Ville seront rémunérés comme les gendarmes ? L’aspect salarial fera l’objet d’une étude spécifique pour tendre à une harmonisation des revenus. Mais harmonisation ne signifie pas un même salaire. Le but est d’introduire une rémunération équitable et homogène pour des fonctions comparables. En matière de sécurité publique, quels sont les avantages du projet «Police 2006» pour le citoyen? Le principal avantage pour le citoyen est l’orientation client de « Police 2006 ». Ce qui signifie que l’on veut offrir au citoyen une interface unique avec les forces de l’ordre. Le citoyen obtiendra dorénavant les mêmes prestations, qu’il s’adresse à un policier de la Ville ou à un gendarme. C’est le principe du guichet unique. L’usager pourra, par exemple, venir déposer une plainte au guichet de la police de la Ville, il ne sera plus obligé de se rendre aux Poudrières. Au niveau de police-secours, la collaboration Ville-Canton se matérialisera, pour le citoyen, par des interventions encore plus rapides qu’aujourd’hui, et ce, grâce à la centrale d’engagement unique placé sous commandement cantonal. Enfin, le citoyen bénéficiera de la création d’une police de proximité. Cette unité aura pour mission de travailler en amont des problèmes avec différents partenaires tels que les écoles, les associations de quartiers ou encore les services sociaux.
Et pour vos hommes ? L’avantage pour nos collaborateurs, c’est de faire mieux sans avoir plus de moyens. Le projet «Police 2006» élargit les compétences et les possibilités d’orientation professionnelle de nos collaborateurs. Aujourd’hui, nos agents sont des généralistes qui font tout. Demain, ils seront affectés à police-secours ou à la police de proximité en fonction de leurs aspirations. «Police 2006» leur ouvre de nouveaux horizons. Un tel changement de structure ne se fait pas du jour au lendemain. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ? Je dirai que les difficultés rencontrées sont d’ordre psychologique. La modification de l’environnement structurel génère quelques craintes de la part de nos collaborateurs. Ils vont perdre une partie des références qu’ils avaient jusqu’ici. Le projet «Police 2006» implique plus d’autonomie de leur part. La hiérarchie s’en trouvera également bouleversée: elle sera orientée vers le savoir, le conseil et la répartition du travail. Un grand nombre de collaborateurs devront travailler sans surveillance hiérarchique immédiate. Cette réorganisation est un énorme avantage pour nos employés, mais elle demande cependant des efforts d’adaptation de leur part. La police de la Ville n’a-t-elle pas peur de perdre certaines de ses prérogatives ? Au contraire, la Ville aura plus de prérogatives, car elle va se spécialiser dans la police de proximité. De plus notre implication dans police-secours va nous ouvrir de nouveaux champs d’action dans le domaine judiciaire, où nous ne sommes pas actifs, pour l’instant. «Police 2006» permet également une valorisation de nos agents, grâce à la formation, qui est la même pour les agents de la Ville et du canton.
Avez-vous déjà pu observer les effets de cette coopération Ville-Canton sur la criminalité ? Nous avions pu observer une baisse de criminalité dans le cadre d’Expo.02, où les corps de police locaux et cantonaux avaient étroitement collaboré. Malgré l’affluence de dizaines de milliers de personnes, les actes de vandalisme avaient fortement diminué et le nombre de personnes interpellées avaient largement augmenté. Pour «Police 2006», l’expérience le démontrera. J’ajoute cependant qu’à Neuchâtel, en comparaison avec les autres villes de Suisse romande, la criminalité reste faible. Mais nous avons la volonté de la maintenir à ce bas niveau, voire de la diminuer, particulièrement dans le cadre des atteintes au patrimoine. Dans quels domaines le projet «Police 2006» permettra-t-il de réaliser des économies? Dans le domaine de l’intervention, grâce à une centrale d’engagement unique, qui permettra une gestion décentralisée et une utilisation optimale des agents de réserve. De plus, l’effectif de nos agents ne devrait pas augmenter dans le cadre de «Police 2006». Christophe Kaempf Légende photo 1: «Une centrale d’intervention commune pour les polices de la Ville et du canton.» Légende photo 2: «Faire mieux, sans avoir plus de moyens.» Légende photo 3: «La criminalité à Neuchâtel est relativement faible.»
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