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Cent ans et après ?

Photos de personnes décédées, fleurs et bougies

Après l’urgence liée à la nécessité de fêter dignement cent ans d’activité, l’alerte centenaire qu’est désormais le Musée d’ethnographie (MEN) retrouve son calme, fait de l’ordre et relance la réflexion avec une nouvelle exposition. Vernissage samedi !

L’exposition «Remise en boîtes» pose la question du deuil et de la construction d'une mémoire collective à partir de faits tragiques dont les traces sont parfois volontairement effacées, mais plus généralement diffusées, commentées, analysées et transformées par les victimes et leurs porte-paroles.

Autour de la mort

Au-delà des réactions à vif du corps social, le MEN s'interroge sur le travail des vestales obstinées et des archivistes pointilleux qui entretiennent le souvenir des humains. La nouvelle exposition souligne la parenté étrange reliant les corps morts et les événements traumatiques par le biais du travail du temps et du devoir de mémoire, qui poussent à revenir autour du cadavre ou des faits tragiques tant qu'une cautérisation efficace n'a pas été collectivement vécue, explique Marc-Olivier Gonseth, conservateur-adjoint du musée.

Partage d’une même finitude

La notion d'âme errante concerne au moins métaphoriquement toutes les communautés humaines. L’exposition met en évidence les excès d'un marché qui exploite jusqu'à la corde le besoin de se souvenir et celui d'oublier. Elle renvoie chaque visiteur à la diversité des traces organisant son rapport à ses proches, aux membres de sa communauté, aux morts illustres qui influencent son existence, aux événements qui le touchent ou l'indiffèrent et au reste de l'humanité qui partage avec lui une même finitude.

Un fascicule de 64 pages lié à l'exposition et un livre développant une réflexion sur les cent ans d'ethnographie vécus sur la colline de St-Nicolas sortiront de presse samedi. L’exposition «Remise en boîtes» est à voir tous les jours (sauf le lundi), de 10h à 17h, jusqu’à fin janvier 2006. Entrée libre le mercredi.

Légende photo: «Remise en boîtes», la nouvelle exposition du Musée d’ethnographie, nous interpelle sur la fragilité de notre présence au monde.