Ce samedi, ma madeleine de Proust a ressurgi sous forme de l’odeur du camphre dont les mères badigeonnent leurs enfants lorsqu’ils sont alités. Quels bons souvenirs puisque, outre l’amour maternel et les herbes médicinales, je bénéficiais d’un autre soutien, celui de la lecture. Que de livres édités sous les labels de la bibliothèque verte ou rose n’ais-je lu dans ces moments privilégiés. Et bien, ce dernier samedi, j’ai à nouveau vécu un des ces instants magiques, à la différence près que, cette fois-ci, on me faisait la lecture, et pas n’importe qui ! Pour célébrer la Journée mondiale du livre, la Bibliothèque publique universitaire avait convié les politiques à nous faire partager les émotions ressenties à la lecture de leur(s) ouvrage(s) et auteur(s) préférés. Nous avons ainsi entendu lire celles et ceux que nous avons l’habitude d’entendre parler. Les préférences littéraires, en disent bien plus sur le for intérieur d’une personne, sur ses racines et ses convictions profondes, qu’une intervention parlementaire ou qu’un débat télévisé ! Nous nous sommes enivrés des saveurs de la philosophie, de la poésie, de la spiritualité, de l’enfance… Nous avons retrouvé le goût de lire, celui de découvrir, de rêver, d’apprendre. Un seul regret: tout est politique ! Le promoteur du thème «les politiques lisent» de cette Journée est le lobby suisse du livre. Je regrette que les défenseurs de l’écrit n’aient pas réussi à choisir une étiquette moins politisée, plus enchanteresse, que celui de lobby, au moins qu’ils évitent un anglicisme. Amoureux du livre, c’est tout de même mieux que lobby, non ?
Valérie Garbani
Directrice des affaires culturelles