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HEBDOMADAIRE OFFICIEL D'INFORMATION
Le vent d’une ville Au début, il n’a l’air de presque rien; il ne brise rien. On ne le voit pas et, soudainement, on sent sa présence. Sortant de nulle part, s’engouffrant dans le vide et contournant habilement les obstacles, il s’amuse à animer les feuilles les plus fragiles, puis à déranger les arbres les plus solides. On dit son nom dans un souffle: le vent. Le vent d’une vie porte le même mystère. Apparemment fragile, ou même absent, il est toutefois capable de fournir tout d’un coup l’énergie presque sans limites de l’espoir. Parfois, il emporte au loin ou, au contraire, gonfle les voiles qui permettent de rentrer au port d’attache. S’il peut renverser et détruire, il sait aussi balayer les nuages et changer le temps. Le temps d’une ville, en particulier. Le temps de s’y arrêter, d’y poser son regard, d’imaginer de s’y associer. Lorsqu’on y consacre une part de sa vie, la ville a la force du vent. D’abord imperceptible, sa réalité s’impose ensuite, faisant tourbillonner les scènes et les actes, jouant de ses charmes et de la puissance impalpable du lieu. Et la ville, elle aussi, se met à bouger, utilisant parfois le vent porteur de l’avenir pour s’adapter aux volontés qui naissent et au temps qui passe. Elle grandit, se construit pour mieux supporter les rafales, les coups du sort, les coups de vent. Elle s’investit dans des projets et se renforce en les réalisant. Et puis surtout, l’air de presque rien, elle n’a de cesse d’accueillir de nouvelles vies. Didier Burkhalter |