Le canton de Neuchâtel a introduit en 2001 un nouveau mécanisme de péréquation intercommunale, dont le but est de transférer des moyens des communes riches en faveur des communes pauvres. Par ce mécanisme, les communes favorisées par la présence sur leur territoire de contribuables aisés ou d’entreprises florissantes contribuent à un fonds de péréquation en faveur de communes du canton moins favorisées.
Les villes assument un rôle particulier puisqu’elles offrent des prestations publiques dans une multitude de domaines profitant aussi aux habitants des communes de leur agglomération. Par leur taille et leur attractivité, elles sont le moteur de la croissance, de l’innovation et de la richesse culturelle du pays. Elles accueillent sur leur territoire les emplois pour de nombreuses personnes qui n’habitent pas sur leur territoire et dont finalement les avantages bénéficient aux communes voisines. En parallèle, elles abritent des contribuables moins aisés que dans les villages.
Ce rôle particulier assumé par votre ville, bénéficiant à la population de l’ensemble du canton, doit être compensé dans la péréquation intercommunale afin que les charges ne reposent pas exclusivement sur les habitants de la ville. Le désenchevêtrement des tâches entre l’Etat et les communes introduit cette année n’est pas neutre pour votre ville, puisque son coût s’élève à plus de cinq millions de francs, qui s’ajoute à sa contribution à la péréquation intercommunale. Une réforme du système de péréquation est aujourd’hui indispensable afin de compenser les effets négatifs du désenchevêtrement; les mouvements financiers entre les communes doivent reposer sur des critères objectifs et mesurables et comprendre une juste reconnaissance du rôle de votre ville. C’est une question d’équité.
Françoise Jeanneret
Directrice des finances