La marge de sécurité d’approvisionnement en électricité ne cesse de s’amenuiser selon l’organe européen chargé de la coordination des grands acteurs en la matière. Les problèmes ne sont pas imminents, mais prévisibles dès 2008 et pourraient se matérialiser par des coupures plus ou moins importantes. Cette marge de sécurité dépend principalement du rapport entre la production et la consommation ainsi que des capacités de transports. Nous savons que le réseau européen ne dispose pas des interconnexions nécessaires pour acheminer des quantités de courant toujours plus importantes et la panne italienne récente nous l’a encore démontré. Quant à la production traditionnelle, son avenir ne laisse pas présager un développement sensible, tant il est vrai que les années de nos centrales nucléaires sont comptées, que notre production hydraulique va baisser pour répondre aux nouvelles normes de protection de la nature et qu’il sera difficile de respecter nos engagements en matière de rejet de CO2 si nous mettons en service de grosses centrales thermiques. La consommation, de son côté, malgré des efforts d’économie qui peuvent être encore plus soutenus, il est vrai, restera en adéquation avec l’activité humaine et ne diminuera donc pas sauf accident économique grave que personne ne souhaite...
Compte tenu enfin des temps de latence important que connaît tout projet de construction de centrale énergétique de par les méandres de notre législation, c’est bien aujourd’hui et avec les énergies renouvelables que se joue une bonne partie de l’avenir énergétique de notre pays.
Antoine Grandjean
Directeur des services industriels