Le canton de Neuchâtel fait preuve d'une longue tradition d'ouverture à l’égard des étrangers. Après avoir joué un rôle de pionnier dans le domaine des droits politiques, il mène depuis plusieurs années une politique active en matière d’intégration: c’est ainsi notamment qu’a été instauré un prix intitulé «Salut l’étranger» qui récompense chaque année une personne ou une institution qui s’est particulièrement distinguée dans le rapprochement entre les communautés suisses et immigrées.
À l’égard de nos compatriotes alémaniques, en revanche, c’est curieusement la méfiance et les préjugés qui prédominent le plus souvent, quand ce n’est pas carrément la xénophobie. Invité le week-end dernier à Aarau pour fêter le vingtième anniversaire des contacts qu’entretiennent nos deux collectivités, j’ai pourtant pu vérifier une fois de plus avec quelle facilité les barrières peuvent tomber à partir du moment où l’on apprend à se connaître et à s’apprécier. En décidant de fonder l’essentiel de leurs relations sur des échanges scolaires, les villes de Neuchâtel et d’Aarau ont donc fait un excellent choix: au contact de camarades de leur âge, les écoliers des deux villes auront tôt fait de constater que l'Autre, qu'il soit Suisse, immigré ou encore réfugié, en un mot que celui qui est différent, ne constitue pas un danger et encore moins un ennemi, mais au contraire une source potentielle d'enrichissement sur le plan culturel et social.
Daniel Perdrizat
Directeur des services sociaux, de l’instruction publique et des forêts et domaines