Selon les recommandations de la Fédération neuchâteloise des vignerons, le salaire horaire des jeunes vendangeuses et vendangeurs s’échelonne entre Fr. 6.50 à l’âge de 12 ans et Fr. 8.50 à l’âge de 16 ans; à partir de 17 ans, et pour les adultes, le salaire «s’élève» ensuite à Fr. 12.-- de l’heure ! Pas étonnant qu’à ce tarif-là, les vignerons ne trouvent guère d’intéressés sur le marché local du travail et doivent faire appel à de la main d’œuvre venue de pays à très bas revenus. C’est la loi du marché diront certains qui, pour se donner bonne conscience, ajouteront que même à ce tarif, un travailleur polonais réussit en deux semaines à engranger l’équivalent de deux mois de salaire dans son pays.
Nous ne partageons pas cette conception et considérons au contraire que toute personne, quel que soit son âge et sa nationalité, a droit à un salaire décent et conforme aux standards en vigueur dans notre pays. Bien qu’elle n’exploite pas elle-même les nombreuses vignes dont elle est propriétaire, la Ville de Neuchâtel endosse une part de responsabilité en la matière et elle se doit de montrer l’exemple. C’est la raison pour laquelle notre Direction étudie en ce moment la manière dont elle pourrait à l’avenir influencer les tarifs de la Fédération des vignerons. En d’autres termes, il s’agirait pour une fois de faire jouer les lois du marché en faveur des travailleuses et des travailleurs ! Notre seul regret, c’est d’arriver pour cette année un peu «comme la grêle après les vendanges»...
Daniel Perdrizat
Directeur des services sociaux, de l’instruction publique
et des forêts et domaines