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Interview de la semaine «Cumuler les mandats, c’est possible!» ![]() Voilà bientôt trois mois que la socialiste Valérie Garbani, 37 ans, a pris ses fonctions au sein du Conseil communal. L’occasion de lui demander comment elle concilie son mandat à l’Exécutif avec ses obligations de conseillère nationale. Et d’en savoir plus sur ses intentions concernant le réaménagement des Jeunes-Rives, la construction de logements en ville ou encore la répartition des subventions culturelles dans une ère placée sous le signe des économies. Vous avez endossé la fonction de directrice de l’Urbanisme, des Transports et des Affaires culturelles il y a bientôt trois mois. Vos impressions? Valérie Garbani : On peut dire que je suis dans le bain! Et ceci grâce au soutien de mes collaborateurs. Vous cumulez les mandats de conseillère communale et de conseillère nationale. Est-ce supportable? J’estime que c’est tout à fait compatible! Je siège au Conseil national depuis près de cinq ans et je me sens tout à fait immergée dans mes dossiers fédéraux. Il me semble par ailleurs qu’il y a davantage de liens entre la politique fédérale et communale qu’entre un mandat au Grand Conseil et au Conseil communal. La politique régionale, qui relève de la compétence de la Confédération, a une grande importance pour les communes. Les débats au Conseil national me permettront notamment de participer de manière plus active aux discussions sur le RUN (Réseau urbain neuchâtelois). En arrivant à l’Exécutif, vous avez pris l’initiative de retirer le rapport concernant le réaménagement des Jeunes-Rives. Pourquoi? J’étais déjà opposée au projet de réaménagement des Jeunes-Rives soumis en votation populaire. Je pense qu’il ne faut pas se focaliser seulement sur les Jeunes-Rives, mais partir d’une vision globale des rives du lac. Il ne faut pas faire de ce terrain un fourre-tout qui compterait à la fois un parking, une place de sport, un lieu de manifestation et une zone de détente. Il est préférable de délimiter des zones sur l’ensemble des rives.
Concrètement, quel avenir pour les Jeunes-Rives? Je présenterai - devant le Conseil communal d’abord et le Conseil général ensuite - les objets en cours de discussion concernant les rives du lac. Je pense par exemple à un projet de lieu de résidence pour personnes âgées à Monruz-Sud. Ou encore, pour autant qu’il me séduise, au projet d’une association d’implanter sur les Jeunes-Rives une sorte de parc d’attraction connu actuellement sous la dénomination «L’Espace du temps». Pour l’instant, ces desseins sont au stade d’ébauches. Je compte aussi présenter mes perspectives quant à l’aménagement de l’ensemble des rives du lac. Je consulterai les différentes commissions du Conseil général et les personnes concernées. Je me déterminerai alors sur la nécessité d’encore organiser un forum participatif. Vous venez d’obtenir le feu-vert pour la construction d’appartement à Serrières, dont une partie de logements sociaux. Une majorité de droite s’oppose à créer un «nouveau quartier des Acacias». Que répondez-vous à ceux qui craignent de faire de ces zones des ghettos? Il y aura en moyenne 30 à 40 pour-cent de logements sociaux, et il ne s’agit pas de construire des HLM! À Martenet (sur les anciens abattoirs de Serrières), tous les appartements auront des terrasses ou des jardins individuels. Et les loyers seront certes inférieurs à ceux du marché, mais pas considérablement. Ces appartements vont surtout attirer des familles. Je pense qu’ils ne seront malheureusement pas accessibles aux personnes qui vivent vraiment dans la précarité. Mais ça permettra de libérer des appartements au centre-ville et de mieux répartir les logements sociaux. Nous cherchons à faire autre chose qu’aux Acacias, où il n’y a que des logements à loyer modéré. C’est en cela que nous innovons avec notre concept de mixité sociale. Nous cherchons précisément à éviter la ghettoïsation. Devant le Parlement, vous avez évoqué l’idée qu’un véritable quartier pourrait naître aux Cadolles, avec crèches, commerces, et même une poste. N’est-ce pas ambitieux au vu du contexte actuel et de la fermeture des bureaux de poste de La Cassarde et de Monruz? Non, car en additionnant la population des Acacias et des Cadolles, nous aurons un quartier très peuplé en haut de la ville. La Poste a annoncé qu’elle était disposée à examiner toute proposition qui lui serait soumise en cas de développement du haut de la ville. Vous arrivez au Conseil communal durant l’ère des économies. En tant que directrice des Affaires culturelles, vous serez certainement amenée à priver certains acteurs de subventions. Des choix ont-ils été faits? C’est particulièrement difficile, voire douloureux, de faire des choix. Mais il faut réexaminer la répartition et il n’est plus possible de soutenir tout le monde. Je proposerai donc une réduction des subventions au Théâtre Populaire Romand (TPR). J’ai l’impression que cette formation est devenue la troupe du théâtre de l’Heure Bleue, comme la Compagnie du Passage est apparentée au théâtre du Passage. Je proposerai donc que l’on accorde au TPR une subvention équivalente à celle que nous octroyons à la compagnie du Passage pour la création. Mais il s’agira d’une réduction pour l’instant limitée à 2005, ce qui ne veut pas dire que la solidarité régionale est supprimée! Nous devons profiter des débats sur le RUN pour définir une nouvelle politique culturelle qui soit élaborée et acceptée par Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Le Locle. Virginie Giroud Légende photo 1: Valérie Garbani: «Une association souhaite implanter sur les Jeunes-Rives une sorte de parc d’attraction, connu actuellement sous la dénomination L’Espace du temps.» Légende photo 2: «On peut dire que je suis dans le bain!» |