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Etats généraux de la culture

Pour dresser le bilan de cinq ans de politique culturelle et envisager l’avenir

Deux violonistesLa politique culturelle menée actuellement par la Ville de Neuchâtel repose sur un rapport adopté par le Conseil général en septembre 1998. Elle est vieille de cinq ans et nécessite une évaluation. Pour tirer un bilan - qui n’aboutira pas forcément à des changements radicaux - la Direction des affaires culturelles a décidé de réunir cet automne les acteurs culturels oeuvrant sur le territoire communal afin de les écouter et d’envisager les années à venir. Ouverture du dialogue mercredi prochain avec les danseurs.

Le directeur des Affaires culturelles, Eric Augsburger, accompagné du délégué culturel, Patrice Neuenschwander, rencontrera cet automne les acteurs culturels par secteurs d’activité : la danse d’abord, le 22 octobre, puis le théâtre (4 novembre), les musiques actuelles (5 novembre) et la musique classique (12 novembre). Le cinéma n’est pas concerné par la future politique culturelle communale dans la mesure où l’Etat et les Villes s’apprêtent à créer un fonds cantonal de soutien à ce secteur, à qui seront déléguées dès 2004 toutes les demandes de subvention.

Paysage culturel en changement
Depuis 1998, le paysage culturel a considérablement évolué à Neuchâtel et ne cesse de se développer. Le Centre Dürrenmatt et la Maison du Concert ont ouvert leurs portes ; Festijazz, le Festival de contes, danses et musiques ainsi que le Dance Festival ont disparu, d’autres événements comme Festineuch ou « Culture nomade » sont apparus. Il y a eu Expo.02, ses « events » et l’animation de la cité pendant la manifestation nationale. Et surtout, événement considérable pour Neuchâtel, la ville dispose désormais d’un théâtre parmi les plus en vue de Suisse romande, un théâtre habité de surcroît par une compagnie à qui l’on a donné les moyens d’y faire de la création.

Concert rockContrat de confiance
A l’origine ce printemps d’un « Lorenzaccio » qui a défrayé la chronique, la Compagnie du Passage, totalement indépendante du théâtre du même nom, bénéficie désormais d’un contrat de confiance qui lui garantit un soutien financier régulier pendant trois ans. Ce contrat a été passé entre la compagnie d’une part, la Ville, l’Etat et le Syndicat intercommunal d’exploitation du théâtre régional d’autre part. La Loterie romande s’y est associée moralement. Les prochaines rencontres avec les milieux culturels permettront notamment d’examiner si ce modèle de soutien peut être étendu à d’autres acteurs culturels dans les limites du cadre budgétaire actuel.

Des choix clairs
Cette évolution du paysage culturel neuchâtelois a profilé notre ville sur la scène culturelle suisse tout en modifiant certaines habitudes et en entraînant des coûts qui ont fait considérablement croître le budget des Affaires culturelles. Le moment est donc venu de réévaluer la situation sur la base de cette nouvelle donne.

Afin de structurer la discussion et de tirer le meilleur profit de ces quatre rencontres, un questionnaire a été adressé aux acteurs culturels. La Direction des affaires culturelles leur demande quel bilan ils tirent de la politique menée par la Ville durant les cinq dernières années. Les premières réactions montrent que ce bilan est plutôt positif même si certains souhaitent que la collectivité qui subventionne soit plus visionnaire dans sa politique culturelle et qu’elle indique plus clairement certaines options à suivre à travers des choix clairs.

Personnages de théâtreSaupoudrage éclairé
La façon de répartir les subventions sera bien évidemment elle aussi évoquée. Il s’agit pour la Direction des affaires culturelles de prendre la température sur différentes éventualités : faut-il abandonner la politique actuelle dite du « saupoudrage éclairé » et introduire un traitement différencié selon que les requérants sont professionnels ou non ? Faut-il opérer des choix et tenir compte du succès public des spectacles présentés et de leur qualité ?

La Direction des affaires culturelles souhaite également connaître l’avis des milieux culturels quant à l’abondance d'acteurs culturels et de spectacles à Neuchâtel. La quantité porte-t-elle préjudice à la qualité ou au contraire est-elle salutaire pour la création artistique en général? Une question parmi d’autres qui devrait trouver réponse d’ici la fin de l’année, à l’issue de ces rencontres entre l’autorité communale et celles et ceux qui font la culture à Neuchâtel.

Une fois connu l’avis des intéressés, l’autorité politique prendra, s’il y a lieu, en toute indépendance les décisions qui s’imposent non sans avoir réuni au préalable la commission consultative de la culture nommée par le Conseil général. Le public ne sera pas oublié, qui sera associé à la démarche à travers un débat ouvert à tous.

320'000 francs pour 2003
Les subventions culturelles octroyées chaque année par la Ville de Neuchâtel se divisent actuellement en subventions régulières, qui font l’objet d’une ligne au budget (1,3 million de francs au total) et subventions extraordinaires, qui permettent de soutenir des créations et événements artistiques ponctuels ayant lieu dans l’année. Pour 2003, la Direction des affaires culturelles dispose pour ce faire d’une enveloppe de 320'000 francs qui a été répartie en début d’année selon des critères formels précis. Les demandes étaient à déposer avant le 30 novembre 2002 pour tout projet prévu en 2003. Le dossier devait comprendre une présentation du projet, un budget et un plan de financement. La répartition s’est faite ensuite sans tenir compte de la qualité des projets et selon le principe suivant : un petit peu au plus grand nombre possible.

80 personnes invitées
Ces critères sont en vigueur depuis cinq ans et le seront encore pour le moins en 2004. C’est eux qu’il s’agit d’évaluer de concert avec les milieux culturels. Quelque 80 représentants des domaines de la danse, du théâtre, de la musique classique et des musiques actuelles sont invités à participer à cette réflexion qui débute la semaine prochaine et se prolongera durant tout le mois de novembre.