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Jeune femme et chien d'aveugle«Nous revendiquons l’accès aux musées et aux salles de spectacles!» Tel est le message que les aveugles et malvoyants de Neuchâtel ont lancé mercredi, à l’occasion de la «Journée mondiale de la canne blanche». Organisée autour du thème de «l’accès à la culture», cette journée a permis à une délégation de non-voyants de rencontrer les conservateurs des musées de la ville et du canton. Le point sur la situation des aveugles en ville de Neuchâtel.

«Malvoyante de naissance, j’ai perdu un œil à 17 ans», explique Elisabeth Guillet, membre de la section neuchâteloise de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA). «Ce qui ne m’a pas empêché d’avoir une activité professionnelle et beaucoup d’énergie!», déclare-t-elle avec enthousiasme. «La Suisse compte près de 90'000 handicapés de la vue. Aujourd’hui, nous revendiquons la possibilité d’aller au musée ou de pénétrer dans les salles de spectacles! Nous ne demandons aucun traitement de faveur; seulement le droit de recevoir une aide…»

Se faire entendre!
Mercredi 15 octobre, à l’occasion de la «Journée mondiale de la canne blanche» - mise sur pied en 1969 par les Nations Unies – une délégation d’aveugles s’est approchée de certains conservateurs des musées de la ville et du canton: «Notre objectif est de constater l’état des infrastructures de ces établissements. Si rien n’est envisagé pour les handicapés, nous espérons nous faire entendre!», explique Elisabeth Guillet. «Les Patinoires du Littoral proposent d’ores et déjà des places aux handicapés et aux malvoyants. Lors de chaque spectacle, des bénévoles me prennent en charge et j’avoue que c’est extrêmement agréable d’être guidée jusqu’à ma place!», témoigne cette femme dynamique. A l’occasion de l’ouverture de sa saison théâtrale ce mercredi, la direction du Passage a spontanément mis à disposition une vingtaine de places pour les malvoyants: «J’espère que mes compatriotes répondront à cette invitation!», souffle Elisabeth Guillet.

Être aveugle à Neuchâtel
Depuis le lancement du projet «Une ville pour tous» en 2002, la Ville de Neuchâtel a pris une série de mesures concrètes visant à faire de la cité un endroit agréable également pour les personnes à mobilité réduite. «Nous avons installé des éléments sonores et des vibreurs pour faciliter le passage aux feux», explique Antoine Benacloche, ingénieur communal des Travaux publics. «En ce moment, nous posons des éléments de marquage au sol permettant aux aveugles de traverser sans encombre.» Elisabeth Guillet salue les nombreux aménagements réalisés par la Ville: «Les personnes victimes d’une déficience visuelle se concentrent davantage sur le bruit et le toucher. Ces lignes blanches sont un progrès, mais j’espère que le résultat sera concluant également par temps de pluie ou en cas de neige!»

«Dans un futur proche, nous procèderons à l’aménagement des arrêts de bus en installant des bandes de marquage au sol à hauteur de la porte du conducteur», annonce Antoine Benacloche. «De plus, les transports publics de la région seront équipés d’informations sonores!»

Quelques bémols
«J’ai longtemps habité à Lausanne, ville peu agréable à vivre lorsqu’on est handicapé de la vue», témoigne Sandrine Chauvy (photo), 27 ans. «A Neuchâtel, j’ai retrouvé une vie sociale!» Elisabeth Guillet partage cet avis et avoue qu’une balade dans les rues de la cité ne lui pose aucun problème. Pourtant, elle constate un ou deux bémols concernant certains établissements: «Quand je vais au restaurant, c’est parfois dépitant: certains employés refusent tout bonnement de me lire la carte!» (vg)