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HEBDOMADAIRE OFFICIEL D'INFORMATION
Interview de la semaine «Si tu écoutes bien à l’école, c’est le 50% de ton CFC qui est acquis» ![]() Les bureaux de l’administration communale sont en ébullition: à cette période de l’année, une dizaine de jeunes entament leur apprentissage. Julie Muffang, 18 ans, et Vanessa Cercola, 19 ans, viennent de décrocher respectivement leur CFC et leur maturité professionnelle d’employée de commerce. Ces «ex-apprenties» de la Ville – la plus jeune formée aux Services Industriels, la plus âgée au Service des écoles – évoquent leurs expériences et en profitent pour donner quelques conseils aux nouveaux venus. Vous venez de décrocher votre diplôme. Quel sentiment éprouvez-vous? Vanessa Cercola: J’ai peur de devoir commencer ailleurs! Mais j’éprouve également un sentiment de fierté d’avoir réussi ma maturité professionnelle. Je suis persuadée que c’est un plus pour trouver du travail. Aujourd’hui, tout le monde a un CFC en poche! La maturité, c’est différent, ça ouvre réellement des portes. Julie Muffang: Mon sentiment? Ces trois années ont passé trop vite! J’ai l’impression que ça n’a même pas duré un an. Pourtant, je suis contente d’avoir terminé et de faire ma maturité l’année prochaine, au CPLN (Centre professionnel du Littoral Neuchâtelois). C’est indispensable de ne pas s’arrêter au CFC (Certificat fédéral de Capacité) et de poursuivre directement avec la maturité. En plus, je n’ai que 18 ans! Je ne me sens pas prête à trouver un poste fixe tout de suite! Quelle a été votre réaction à l’annonce des résultats des examens?
Julie Muffang: Au fait, nous n’avons pas été surprises… Si tu bosses pendant trois ans, il n’y a pas de raison de te louper. Vous allez regretter cette période d’apprentissage? Julie Muffang: Je vais regretter mes collègues. Mais pas le travail. J’aurais voulu avoir d’avantage de responsabilités et passer moins de temps à la photocopieuse et dans les classements. Vanessa Cercola: Moi, ce sont les cours qui vont me manquer. Deux jours par semaine, j’adorais retrouver des jeunes qui ont le même âge et la même vision des choses que moi. Si c’était à refaire? Vanessa Cercola: Je le referais! Durant les trois années de formation, les apprentis de la Ville font un tournus dans les différents services, ce qui est enrichissant. Moi par exemple, je me suis retrouvée au Mail pendant une année, et c’est là que j’ai vraiment appris à travailler. Au début, je ne savais même pas répondre au téléphone. Et à la fin, j’étais capable de tout faire. Julie Muffang: Moi aussi je le referais! En tant qu’apprentie des SI (Services Industriels), j’ai voyagé un peu partout, que ce soit à la réception, à la comptabilité, au service clientèle ou encore à la direction. A chaque fois, j’avais l’impression de changer de travail. Je sais même comment on pose une conduite de gaz ou d’eau. Et j’ai passé deux jours sur un chantier! Un conseil pour les apprentis qui commencent cette semaine? Julie Muffang: Honnêtement, si tu écoutes bien à l’école, c’est le 50% de ton CFC qui est acquis. Vanessa Cercola: Je trouve aussi que le plus important, c’est de bien crocher aux cours dès le départ. Mais il faut également faire attention à bien séparer travail, école et loisirs. Quelles sont vos perspectives d’avenir? Julie Muffang: Tout d’abord la maturité. Ensuite, j’ai plein d’idées en tête, comme par exemple décrocher le brevet fédéral de comptabilité pour gérer ma propre entreprise de vêtements! Ou encore tout autre chose: entrer dans la police des mœurs! Vanessa Cercola: C’est drôle! Nous sommes très différentes mais nous avons les mêmes envies. Je commence le brevet fédéral de spécialiste en finances et en comptabilité, mais c’est vrai que je suis également attirée par la police! Le chômage est au-dessus de 4% dans le canton de Neuchâtel. Ça vous effraie? Vanessa Cercola: Moi ça ne me fait pas peur! Si je devais être au chômage, je trouverais n’importe quel boulot, comme serveuse, caissière… Je préfère de loin faire des nettoyages plutôt que d’être au chômage. Julie Muffang: Et on peut toujours aller voir à l’étranger… Vous vous réjouissez d’affronter la vie active?
Vanessa Cercola: Sincèrement, je redoute ce moment. Durant mon apprentissage, je n’ai eu que peu de responsabilités. Maintenant, je ne sais pas si je serai à la hauteur. Mais c’est tout de même un défi et j’ai envie de voir de quoi je suis capable! Julie Muffang: Moi je n’attends plus que ça! Je n’aime pas trop l’école, je préfère la vie active. La jeune génération se veut flexible et mobile. Seriez-vous prêtes à quitter Neuchâtel, voire la Suisse, pour des raisons professionnelles? Julie Muffang: Je serais prête, mais seulement pour travailler dans un pays francophone ou anglophone. Vanessa Cercola: Et moi, si je partais, ce serait plutôt l’Allemagne! Virginie Giroud Légende photo 1: Julie Muffang (à gauche) et Vanessa Cercola viennent de terminer leur apprentissage à la Ville. Elles en profitent pour donner quelques conseils aux nouveaux venus. Légende photo 2: Julie Muffang: «Je sais même comment on pose une conduite de gaz ou d’eau! Et j’ai passé deux jours sur un chantier…» Légende photo 3: Vanessa Cercola: «Tout le monde a un CFC en poche! La maturité, c’est différent, ça ouvre réellement des portes.»
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