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Interview de la semaine «Je suis favorable à une fusion avec le groupe libéral» Le radical Christian Boss, 43 ans, a succédé lundi soir à la socialiste Béatrice Bois à la présidence du Conseil général. Ingénieur en transports, cet «enfant du Val-de-Ruz» a fréquenté le gymnase cantonal de Neuchâtel, pour poursuivre ses études à Zurich, une ville qu’il a habitée durant 12 ans. L’homme évoque la situation «intolérable» des Jeunes-Rives actuelles et fait part de son souhait de connecter la zone piétonne avec le lac. Rencontre. Quelles sont les raisons de votre engagement politique? Christian Boss: J’ai toujours estimé qu’il existait un certain nombre de valeurs pour lesquelles il fallait s’engager. Je n’avais pas envie de suivre le chemin basé sur le principe suivant: l’intérêt général, tout le monde en parle mais personne ne veut s’en occuper. Le groupe radical a perdu 4 sièges au Conseil général lors des élections communales du 6 juin. Et cela malgré quelques succès, notamment la baisse des impôts en ville de Neuchâtel. Comment expliquez-vous cette défaite? L’entrée en lice de l’UDC et la tentative du PDC nous ont coûté des sièges. De plus, les règles de la proportionnelle ont profité à la gauche apparentée. Et sur le plan fédéral, le parti radical n’est pas dans le vent: les propos de Pascal Couchepin, aussi pertinents soient-ils, ne rassurent pas. Sur le fond, perdre autant de sièges compte tenu du travail fourni, c’est rude! Mais ça fait partie des risques de la politique. Comment reconquérir l’électorat en ville de Neuchâtel? Nous allons maintenir notre ligne politique et ne rien changer à nos priorités. La première consiste à assainir les finances publiques. Notre deuxième cheval de bataille est d’engager toute action susceptible de faire prospérer la ville, par exemple en attirant des habitants et des emplois sur notre sol. Finalement, le 3ème volet reste la lutte contre les incivilités: à Neuchâtel, il y a trop de salissures, de tags, de déchets, de déprédations gratuites et stupides qui coûtent à la collectivité. Cette problématique trouve ses origines dans l’éducation, un domaine où il faut investir. Donc, aucun changement dans votre ligne politique, pas de remise en question? Il serait hypocrite de dire que tout va bien. Nous sommes autocritiques, mais le constat d’échec n’est pas une raison suffisante pour tout remettre en question. Par contre, nous allons repenser notre stratégie de communication. Une fusion avec le groupe libéral est-elle à l’ordre du jour? Nous en discutons dans les deux sections. Mais actuellement, la réflexion n’est pas aboutie. C’est un sujet qui reviendra certainement à la surface prochainement. Personnellement, je suis favorable à une fusion, car un tel groupe nous permettrait de constituer la deuxième formation politique au Conseil général. Depuis lundi, 3 groupes de droite se côtoient sur les bancs du Législatif, une «atomisation» des forces qui n’est pas un gage d’efficacité. Durant votre présidence, vous aurez à conduire le débat sur les Jeunes-Rives. Quel avenir souhaitez-vous pour ce terrain? La situation actuelle des Jeunes-Rives est intolérable! Il faut mettre en valeur ce terrain avec bon sens. Personnellement, je suggérerais le lancement d’un concours, donnant la possibilité à des investisseurs privés de collaborer avec la ville. Et il est primordial de garder les 330 places de parc actuelles: les Jeunes-Rives sans voiture, ça ne fait qu’exporter les problèmes ailleurs! L’année qui s’annonce sera celle des grands travaux de la Maladière, un nouveau pôle d’attraction en ville de Neuchâtel. Comment envisagez-vous la survie du centre-ville?
Le centre-ville doit être revitalisé, par exemple en rénovant certaines surfaces comme la rue du Seyon, où de nombreuses dalles font défaut. De plus, les piétons méritent un meilleur accès à la zone piétonne, qui doit absolument être connectée à la place Numa-Droz, au lac et aux faubourgs du Lac et de l’Hôpital. En matière de stationnement, il est important que les conditions de parcage soient identiques sur tout le centre-ville. Les finances de la Ville présentent 11 millions de déficit pour l’exercice 2003. Dans quels domaines économiser? Partout! Mais pas de façon brutale et linéaire. Dans l’enseignement par exemple, je m’étonne lorsque j’apprends que des élèves ont deux maîtres de classe. Dans le domaine culturel, j’estime qu’il n’est pas possible d’offrir des subventions à tous les acteurs. Il faut faire des choix et donner à ceux qui le méritent. Quant à la santé, je plaide pour une cantonalisation des hôpitaux: ce n’est pas à la Ville de financer de tels établissements! D’une manière générale, je plaide pour une meilleure collaboration avec les communes voisines, pour un service public plus efficace. Il s’agit de faire tout aussi bien, voire mieux, avec moins de moyens! Faut-il relever les impôts afin de réduire le déficit? Avant de parler d’augmenter les impôts, il faudra clairement démontrer que tout a été engagé pour éviter cet alourdissement de la fiscalité! Vos vœux pour l’année présidentielle qui vous attend? Je souhaite que la ville poursuive son développement dans la dynamique de ces dernières années. Expo.02 a généré une foule d’idées et j’espère que les autorités cultiveront cette vitalité. Virginie Giroud |