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Interview de la semaine

«Dans les locaux de l’OFS, il n’y a pas de Röstigraben!»

Werner HaenniQuelles sont les mesures de sécurité à l’intérieur de la tour de l’OFS (Office fédéral de la statistique)? Comment est-elle protégée contre le feu? Pourquoi n’y a-t-il pas de restaurant au sommet de l’édifice de cristal? Werner Haenni, chef de division à l’OFS, s’exprime sans tabou sur ces sujets qui interpellent. Le Suisse-alémanique domicilié à Chiètres (FR) raconte comment l’office s’est, peu à peu, francophonisé. Et pourquoi, parmi les 500 employés de Neuchâtel, on dénombre aujourd’hui 42% de Romands!

Après de nombreuses oppositions à sa construction, la tour de l’OFS est enfin inaugurée! Est-ce une victoire?

Werner Haenni: Je ne parlerais pas de victoire. Mais plutôt d’une belle réussite, surtout sur le plan architectural! Et d’après les échos, la majorité de la population accueille cette nouvelle infrastructure de manière favorable.

La tour compte 14 étages et s’élève à 50 mètres. Des difficultés lors de sa construction?

Non, nous n’avons déploré aucun accident et il n’y a pas eu de problème particulier!

Les délais ont-ils été respectés?

L’inauguration était prévue fin 2003. En raison des oppositions qui ont bloqué le début des travaux, nous avons dû différer la construction de 6 mois. Mais compte-tenu de ces inconvénients – qui interviennent quasi lors de chaque modification du paysage, nous avons très bien tenu les délais!

Un crédit de 27 millions pour la construction de la tour. Y a-t-il un dépassement?

Absolument pas. Le crédit est minutieusement respecté!

Aujourd’hui, le bâtiment est-il totalement occupé?

Partiellement. Il offre 245 places de travail. Actuellement, il est peuplé de 220 collaborateurs.

Des collaborateurs qui n’entrent pas facilement dans cette «tour d’ivoire»…

Effectivement, le concept de sécurité de la tour est extrêmement élaboré! La semaine dernière, l’OFS a réalisé un exercice d’évacuation des lieux, avec les 220 employés des 14 étages. En 7 minutes, tout le monde était dehors!

Le feu pourrait-il se propager dans l’édifice de verre?

Tout est possible, mais les mesures de sécurité sont à la pointe de la technologie. Tout d’abord, l’ensemble de la tour est non-fumeur. De plus, le feu n’a aucune possibilité de se propager dans la cage d’escaliers! Un système de réglage des pressions et des sous-pressions l’empêcherait de s’alimenter.

Pensez-vous que l’OFS s’intègre dans le paysage?

Absolument! J’ai encore l’image des alentours de la gare quand l’OFS s’est installé à Neuchâtel, en 1998: quel vilain quartier! L’implantation de l’office a permis à ce secteur du Crêt-Taconnet de devenir un pôle stratégique de développement! Aujourd’hui, de nombreux logements y voient le jour, ainsi que des surfaces commerciales.

L’implantation de l’OFS aurait contribué à rendre ce quartier vivant?

Je pense qu’elle a accéléré les choses. Ça commence à bouger dans ce quartier!

L’OFS s’est-il francophonisé en venant à Neuchâtel?

Oui! En 1991, l’office comptait 17% de romands. En 1998 lors du déménagement, ils étaient déjà 28%, par le simple fait que la Confédération a recruté des collaborateurs de la région de Neuchâtel. Au 1er janvier 2004, nous dénombrons 42% de Romands! L’objectif qui, dans les années 80, consistait à renforcer l’élément latin au sein de la Confédération, a été atteint pour l’OFS! Quant aux Suisses-alémaniques, ils représentent 52% des employés. Et dans les locaux, je peux vous assurer qu’il n’y a pas de Röstigraben!

Pourquoi un espace culturel au rez-de-chaussée de la tour?

Le projet initial prévoyait que la tour serait posée sur des piliers, jusqu’au 2ème étage. Puis les plans ont été modifiés et les façades tirées jusqu’en bas. Mais vu les dimensions et la hauteur de cet espace du rez-de-chaussée, il n’était pas possible d’y créer des bureaux. L’idée a alors germé de mettre cet espace à disposition de la culture neuchâteloise!

Pourquoi avoir renoncé à installer un restaurant au sommet de la tour?

Une étude de faisabilité a démontré qu’il ne fallait pas se faire d’illusions: on ne vit pas de la vue! De plus, le restaurant aurait coûté 600'000 francs et le crédit n’a pas été octroyé.

Le public pourra-t-il accéder au sommet de la tour et jouir de l’incroyable vue sur la ville?

Malheureusement, ce n’est pas possible. Quant à d’éventuelles journées portes-ouvertes, nous n’y avons pas encore réfléchi.

La Confédération opère des coupures budgétaires importantes. L’OFS est-il touché?

Evidemment, nous subissons également des réductions budgétaires! L’année prochaine, nous serons peut-être contraints d’abandonner certaines statistiques.